Was Peche

La sériole

mardi 2 février 2010 par Congriste

Le poisson qu’on appelle liche à Marseille, sériole dans le reste de la Mediterranée francophone, est le seul poisson "de sport" accessible de façon régulière par les pêcheurs côtiers. Douée d’une combativité hors pair qui se double souvent d’un gabarit conséquent, ce beau poisson argenté n’a pas fini de nous faire rever. Ecrit par Djénie je n’ai fait que la mise en image....

La sériole selon WAS

MANU/JANO

Le bateau dérive, il danse sur les flots au son du clapot sur ses flancs.

Après avoir survolé la mauvaise traduction Japonais/Français, il range proprement l’emballage plastique de son …comment déjà ? Ah, oui, le « jigg » .

Il le noue soigneusement au fil de fort diamètre qui garnit son excellent moulinet.

Lorsqu’il a laissé couler, incrédule, ce morceau d’acier irisé, armé de sérieux hameçons, vers cette trace aperçue sur l’écran de son sondeur, il n’imaginait pas la suite, en fait il n’imaginait rien, ses yeux fixaient vaguement le point où avaient disparu les derniers éclairs argentés de ce leurre dont il pensait qu’il prenait surtout les pêcheurs.

A la touche, s’il n’avait eu le réflexe de serrer la canne qui s’arrachait de ses mains, tout ce beau matériel ne serait qu’un coûteux souvenir.

Et puis longtemps plus tard, le voici.

Allongé dans sa coque, point blanc perdu dans le bleu comme une étoile au ciel, il reprend son souffle.

Etendu sur le pont sans souci du confort, ses yeux clos ne voient plus qu’une boule d’aveuglante lumière, et le pâle soleil d’avril n’y est pour rien.

Ses reins douloureux lui font oublier le feu qui brûle ses poumons, ses bras n’en finissent plus d’arrêter de trembler, il ne les sent plus.

Les battements de son cœur se calment peu à peu, il ne sait plus si c’est l’émotion ou l’effort qui lui ont donné ce rythme fou. Sans doute un peu des deux.

Un sourire point aux commissures de ses lèvres, au milieu du tam tam de son cœur et de ses tempes, il entend sur le pont la percussion frénétique de la queue de l’adversaire vaincu.

Il croît rêver, et pourtant, son visage se reflète bien dans l’œil énorme de cet énorme poisson.

Son souffle retrouvé, il voit le poisson suffoquer, dans un ultime effort, il le saisit délicatement et le rend à la mer.

« Adieu, sériole… »

Voilà le monstre reparti hanter les profondeurs noires et bleues des mers, et celles des rêves aux mille couleurs que seuls font les pêcheurs.

La Sériole, car c’est d’elle qu’il s’agit, est un poisson pélagique, c’est un poisson commun dans toutes les eaux chaudes du globe, et bien plus présent en Méditerranée qu’on ne pourrait l’imaginer.

Photo : TIMAT

En effet, sa chair quelconque ne la désigne pas à l’appétit des ichtyophages gourmets, elle est donc absente, sauf hasard, des étals des poissonniers et des cartes des restaurants.

La sériole de notre région, c’est l’espèce Seriola dumerili, celle avec la tête de baroudeur du bleu, faite pour fendre l’eau comme une torpille.

Photo : TIMAT

Photo : TIMAT

Les Anglosaxons l’appellent Amberjack, ou Jack couleur d’ambre, mais ça on s’en cague, ce qui compte c’est que nous autres Marseillais on se l’appelle Liche, même si on sait très bien que la liche est un autre poisson.

Parce que ça permet de savoir, en discutant « sériole » que l’interlocuteur qui l’appelle « liche » est Phocéen, c’est un peu comme le gatô des Rois Marseillais que les autres appellent « la gââlette ».

La sériole est un poisson surpuissant, question de poids et d’endurance, et pour avoir plus d ‘émotions au bout d’une ligne, il faut passer au thon, ou aimer téléphoner.

Photo : TIMAT

Le poids de la sériole va de quelques grammes ( petite, on l’appelle d‘ailleurs « limon », peut être à cause du jaune citron frais de ses nageoires de juvénile) jusqu’à quarante kilos par chez nous, même si des spécimens approchant le double ont été pris.

SEBPOLI

LIONEL

BARBICAGGIA

MANU

XANDER

NEPTUNIA

JACK83

La sériole vit entre la côte et le grand large à des profondeurs très variables, allant de la surface jusqu’à plus de trois cents mètres de fond.

Elle fréquente les remontées rocheuses sur lesquelles elle se gave de petits poissons, sévereaux, maquereaux, pélamides et bonites.

Ses incursions à basse profondeur se font surtout au lever et au coucher du soleil, ceci donnant parfois lieu à de spectaculaires chasses.

Même s’il s’en prend toute l’année, on aura plus de chance de la toucher entre avril et le début de l’hiver.

WALDO/GUTCH

La sériole se pêche essentiellement à la traîne, idéalement au vif même si une totène fraîche (le « calamar » des poissonniers, ou « Loligo vulgaris » des blouses blanches) bien eschée de deux ou plusieurs solides hameçons la tentera volontiers.

JIHEME

Qui dit vif dit traine lente, c’est donc au downrigger, au plomb gardien en ou au leadcore qu’on la recherchera.

RASON

Pas la peine de raser le fond, elle sera prenable entre deux eaux voire en surface. Bien évidemment elle cohabite souvent avec le denti sur les remontées ou près du fond, il n’est dont par rare de faire des pêches "mixtes".

RASON

Les meilleurs vifs sont la totène et l’orphie, puis le severeau et le maquereau. Les grosses sérioles sont plus communément prises avec de gros vifs, biars (voilà bien la seule manière de l’accommoder, même si certains s’obstinent encore à les consommer. Ne mélangeons pas torchons et serviettes) et même pélamides.

PETIT PECHEUR

Même s’il s’en prend quelquefois au leurre, ce n’est pas une grande adepte des poissons artificiels et seul le jig permet des prises régulières car la technique permet d’aller les taquiner dans des profondeurs inaccessibles à la traîne lente.

CALAMARO

La sériole est un poisson magnifiquement combatif qui, dès la prise, va essayer de se frotter contre le fond, d’où la nécessité de les brider avec autorité, et donc de disposer du matériel adéquat.

Une fois décollée, elle fera de nombreux rushs mais le plus dur sera passé et contrairement au thon, arrivée en surface elle se laissera gaffer facilement. Cela facilitera aussi sa relâche, sa relative immobilité permettant de retirer l’hameçon délicatement avant de la réoxygéner pour l’aider à repartir dans de bonnes conditions.

L’enorme taille de sa gueule facilite d’ailleurs l’opération

Ce poisson merveilleux supportant très bien la décompression, il est vraiment préférable de les relâcher, une belle photo et les moments inoubliables de sa pêche sont ce que l’on peut en tirer de meilleur.
A choisir pour la consommation, il faudra privilégier les spécimens entre 10 et 15kg, ce qui permet de réaliser de délicieux carpaccio avec un poisson dont la chair est encore tendre

HOTTUNA

SQUALE

Vous savez tout ou presque sur ce fantastique poisson de sport, ne reste qu’à mettre à l’eau un leurre ou appât susceptible de l’intéresser.

Et pour ça , restez en forme !

CONGRISTE


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